Correspondance Particulière
26/09/2026
BRUXELLES — L’heure n’est plus aux promesses, mais aux réglages opérationnels.
Jeudi 24 septembre, à Bruxelles, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a réuni les responsables des entreprises du consortium belgo-international engagées dans le projet du tramway de Kinshasa et Lubumbashi.
Objectif : finaliser les derniers détails techniques et administratifs pour enclencher la phase d’exécution d’un chantier d’envergure estimé à 9 milliards de dollars.
Une réponse structurelle au calvaire de la mobilité urbaine
Dans une capitale congolaise étouffée quotidiennement par des embouteillages monstres, le projet de tramway ne vise pas seulement à ajouter un nouveau moyen de transport : il entend devenir la nouvelle colonne vertébrale de la mobilité urbaine.
Coordonné sur le plan technique par l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP), le projet prévoit le déploiement de sept lignes interconnectées. Celles-ci doivent mailler la métropole en reliant des pôles majeurs tels que la Gombe, l’aéroport international de N’djili, Kintambo, Matete, l’Université de Kinshasa (UNIKIN), Selembao, la Cité Verte et Mont-Ngafula.
L’ambition affichée est claire : passer d’une logique de circulation automobile individuelle à un transport de masse guidé, capable d’acheminer rapidement de grands flux de personnes. La première ligne, une liaison express et en partie souterraine reliant la commune de la Gombe à l’aéroport de N’djili, doit être mise en service dans les prochains mois.
Des technologies de pointe face aux défis du terrain
Pour faire face aux contraintes géophysiques et pluviométriques de Kinshasa, les entreprises sélectionnées ont exposé des solutions technologiques de pointe :
*Infrastructures souterraines :* Utilisation de tunneliers pour perforer les rochers et traverser les zones montagneuses.
*Gestion des eaux et inondations :* La société Hydroscan assurera la cartographie et la modélisation des risques d’inondation, tout en installant un système de gestion durable des eaux pluviales et d’alerte en temps réel pour prévenir les crues.
*Autonomie énergétique :* Le réseau sera doté de son propre système d’alimentation électrique pour garantir une fiabilité continue du service.
Le ministre John Banza Lunda a insisté sur l’intégration harmonieuse du tramway avec les modes de transport existants (motos, taxis-bus) et le réseau routier, condition sine qua non de son succès auprès des Kinois.
L’expertise belge au cœur du partenariat
Organisée en présence de l’ambassadeur de la RDC en Belgique, Christian Ndongala, cette réunion de travail a permis au ministre d’appeler l’écosystème industriel et financier belge à s’investir pleinement dans la modernisation des infrastructures congolaises.
« Plus que amis, plus que frères, Belges et Congolais, nous avons tous une très grande responsabilité de bâtir la prospérité commune. La Belgique a toute sa place dans ce défi », a affirmé John Banza Lunda, rassurant les investisseurs quant à l’accompagnement et à la protection institutionnelle assurés par son gouvernement.
De son côté, l’ancien ministre belge de la Défense, André Flahaut, présent aux échanges, a salué cette dynamique tout en plaidant pour une approche globale de la mobilité. Selon lui, le développement de grands corridors comme le tramway doit s’accompagner du renforcement des infrastructures de proximité (petites routes d’accès et voies secondaires) afin de désenclaver les zones rurales, faciliter l’acheminement des productions agricoles vers les centres urbains et stimuler l’économie locale.
Une vision globale pour le désenclavement de la RDC
Au-delà de la mobilité kinoise, John Banza Lunda a rappelé que ce projet s’inscrit dans un plan national d’aménagement du territoire issu de la vision du chef de L’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Outre le tramway, le gouvernement conduit par la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka poursuit deux priorités majeures :
*Le réseau fluvial :* Le dragage et le balisage des 28 000 kilomètres de voies navigables du pays pour garantir une réelle complémentarité des transports.
*Le réseau routier :* Un programme ambitieux de désenclavement portant sur 22 800 kilomètres de routes nationales et de grands corridors stratégiques.
En imposant un calendrier serré aux équipes techniques à Bruxelles, le gouvernement congolais entend faire du tramway de Kinshasa le vitrail d’une RDC en pleine mutation infrastructurale.
CELLCOM MIN ITP

