RDC : ARCHIVES : RÉPUBLIQUE DU ZAÏRE Aujourd’hui, le 24 septembre 2026, marque effectivement le 28e anniversaire de la mort de Kongulu Mobutu, qui s’est éteint ce même jour de l’année 1998 sur la Côte d’Azur.

Source : Les archives de la République du Zaïre
24/09/2026

En ce jour de commémoration, le souvenir de celui que l’on surnommait « Saddam Hussein » rappelle les dernières heures du régime de son père. Après avoir quitté Kinshasa en mai 1997 face à l’avancée des troupes de Laurent-Désiré Kabila, le jeune capitaine s’était exilé en Europe.

Sa disparition prématurée à l’âge de 28 ans seulement, survenue à peine un an après celle du maréchal Mobutu, a mis un point final au destin tragique de ce prince déchu de la Deuxième République, laissant derrière lui des enfants, comme Shadaï, qui s’efforcent aujourd’hui de tracer leur propre voie.

Né le 21 avril 1970 à Kinshasa, Ndolo Michel Mathieu Kongulu Mobutu est le fils du président du Zaïre, le maréchal Mobutu Sese Seko, et de sa première épouse légitime, Marie-Antoinette Gbiatibua Yetene. Il grandit au cœur de l’opulence du Palais du Mont Ngaliema. Cadet et huitième enfant de cette union, son enfance est toutefois profondément marquée par le décès prématuré de sa mère en 1977, alors qu’il n’a que 7 ans.

Il intègre l’École de formation des officiers (EFO) de Kananga pour embrasser une carrière militaire. Capitaine au sein de la redoutable Division présidentielle spéciale (DSP).

Au cours des années 1980, en tant que fils du maréchal et figure incontournable de la jet-set, Kongulu Mobutu passe beaucoup de temps entre Kinshasa et l’Europe, fréquentant les cercles les plus huppés.

C’est lors de ses séjours à Bruxelles qu’il rencontre Geneviève Ducastel, une femme d’origine européenne. De leur relation passionnée va naître le fruit de leur amour : une petite fille nommée Shadaï Mobutu, née à Kinshasa le 18 mars 1989.

Conscient de la situation de plus en plus instable au Zaïre, le couple choisit de mettre l’enfant à l’abri. À l’âge de seulement 17 mois, Shadaï quitte le pays avec sa mère, Geneviève Ducastel, pour s’installer définitivement en Belgique. C’est là que Geneviève l’élève, tout en restant connectée au « cercle Mobutu » et aux tantes paternelles de l’enfant.

Ce bébé né en 1989 a bien grandi : après de brillantes études en gestion et fiscalité, elle est entrée en politique en Belgique et occupe d’importantes fonctions professionnelles à Bruxelles

Parallèlement à ses amours européennes, Kongulu Mobutu a ancré sa vie de famille et son statut traditionnel au Zaïre à travers son mariage officiel avec Dany Nyembwe.

Dany Nyembwe était la figure centrale de son foyer kinois, l’épouse légitime aux yeux de la haute société zaïroise. Cette union représentait le visage stable de Kongulu à Kinshasa, loin des excès des boîtes de nuit et des opérations militaires de la Division présidentielle spéciale (DSP).

Ensemble, Kongulu et Dany Nyembwe ont partagé le quotidien de la vie et ont eu quatre enfants. Dany Nyembwe a géré le foyer familial avec dignité, traversant les heures les plus folles et sombres du pouvoir mobutiste, jusqu’à la fuite précipitée de son mari en 1997 et sa mort tragique en 1998.

LA CHUTE DU RÉGIME

Lorsque la situation se dégrade en mai 1997, Kongulu n’est pas dans une posture de haine personnelle ou de complot. Les rapports diplomatiques et les proches de Kongulu confirment que son intention n’était pas d’éliminer le Chef d’État-Major.

L’accusation de haute trahison est en réalité venue de la base et de certains généraux ultra-radicalisés de la Division spéciale présidentielle (DSP), appartenant à la même tribu que le Maréchal. Ce sont ces officiers et sous-officiers, terrifiés à l’idée d’être livrés à l’AFDL de Kabila, qui ont commencé à faire circuler des listes noires et à crier à la trahison lorsque Mahele a préconisé de déclarer Kinshasa « ville ouverte ».

Kongulu, malgré son grade de capitaine et sa réputation, n’avait pas l’autorité absolue sur ces hommes de la DSP en pleine mutinerie. La troupe agissait de manière totalement désordonnée, sourde à toute hiérarchie.

Lorsque les tirs retentissent au Camp Tshatshi, Kongulu Mobutu n’est pas sur place pour orchestrer une embuscade. Alerté qu’un incident grave implique le général Mahele, Kongulu se précipite en urgence au camp à bord d’un véhicule blindé léger dans le but de s’interposer ou de lui prêter main-forte.
Malheureusement, il arrive trop tard ou en plein milieu de la fusillade, alors que les soldats en furie ont déjà ouvert le feu sur le général.

Pour Kongulu, cet assassinat a été le déclic de la réalité. Jusqu’au 16mai 1997, il faisait partie de ceux qui croyaient encore possible de négocier ou d’opposer une ultime résistance. En voyant le général Mahele mort, victime de l’anarchie des troupes de base, Kongulu comprend instantanément que la machine militaire est totalement brisée et que plus personne n’obéit aux ordres.

C’est ce traumatisme qui le pousse à appeler son père (le maréchal Mobutu) non pas pour fêter une victoire, mais pour lui crier son désespoir : « Tout est fini papa, Mahele est mort, la ville est tombée, nous devons partir. »

Kongulu a tout de suite compris que la mort du général populaire allait provoquer la colère de la population kinoise et l’avancée foudroyante des troupes de Kabila, privées de leur interlocuteur pour une transition pacifique. Sentant le piège se refermer et conscient que le chaos du Camp Tshatshi pouvait se retourner contre lui, Kongulu quitte le camp en urgence.

Quelques heures plus tard, au matin du 17 mai, il embarque à bord d’un canot rapide pour traverser le fleuve Congo et fuir vers Brazzaville, abandonnant définitivement la capitale aux mains de l’AFDL.