L’annonce de la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), présenté comme un mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien président Joseph Kabila, suscite des réactions au sein de son ancien camp politique. Jusqu’à présent, trois personnalités, dont des membres ou anciens cadres du PPRD, ont exprimé publiquement leur désaccord avec cette orientation, marquant une prise de distance politique autour de cette initiative.
Parmi elles, Allegra Fosh Ngalula a annoncé sa démission du PPRD et sa désolidarisation des initiatives qu’elle considère comme susceptibles de déstabiliser les institutions. De son côté, India Omari a réaffirmé son attachement à une démarche pacifique et au respect de la Constitution. « Parfois, la fidélité à ses convictions impose de se dissocier de certaines orientations et de prendre du recul lorsqu’elles s’éloignent de nos principes. Mon engagement demeure pacifique, dans le respect de la Constitution de mon pays et des valeurs démocratiques », a-t-il déclaré sur X.
La troisième réaction est celle du Dr Aristote Ngarime, qui a explicitement rejeté toute association avec les positions et orientations liées à la création du mouvement politico-militaire annoncé à Goma. Dans sa déclaration datée du 12 octobre 2026 à Kinshasa, il affirme rester attaché à la Constitution du 18 février 2006 et aux lois de la République, avant de trancher : « Je suis contre la rébellion. » Il précise que sa responsabilité morale et politique ne saurait être engagée par les actions présentes ou futures de cette structure.
Ces prises de position soulèvent des interrogations sur la cohésion de l’ancien camp présidentiel et sur les conséquences politiques de l’annonce du FRN. Si ces déclarations traduisent des désaccords individuels clairement exprimés, elles ne suffisent pas, à ce stade, à établir l’existence d’une fracture généralisée au sein du PPRD. L’évolution de ces réactions permettra de mesurer l’ampleur réelle de cette prise de distance.
Féret Lumbu Gédéon
@feretlumbu
