RDC : Laurent Désiré  Kabila : une victime collatérale de la prédation des grandes puissances au Congo-RDC.

RDC : Laurent Désiré Kabila : une victime collatérale de la prédation des grandes puissances au Congo-RDC.

Source : Correspondance Particulière
29/09/2027

Arrivé au pouvoir le 17 mai 1997, soutenu par les armées rwandaise, ougandaise, angolaise, américaine et britannique, Laurent-Désiré Kabila, un homme naïf et avide de pouvoir, semblait obnubilé par l’idée de parvenir à ses fins.

Après des décennies passées à rêver de pouvoir dans les forêts et montagnes de Fizi et du Rwenzori, il ferma les yeux sur tout ce qui lui était proposé, pourvu qu’il accède à la présidence.
Sorti de nulle part, sans armée, sans programme d’action sociale, ni de projet politique structuré, et se contentant de quelques slogans révolutionnaires, il s’est jeté corps et âme entre les mains de ses nouveaux alliés, les Américains, et de leurs partenaires rwandais et ougandais.

Il n’a jamais cherché à comprendre pourquoi ces mêmes Américains, qui avaient auparavant pris Kabila pour leur pire ennemi, avaient soudainement recours à lui. Cet enchevêtrement de paradoxes n’a pas effleuré son esprit : les Américains, qui, durant près de quarante ans, avaient soutenu Mobutu, leur meilleur allié, avaient désormais sacrifié ce dernier pour l’installer lui à la tête du pays. Une situation qui ne manque pas de cynisme.

Dans un premier temps, Kabila signa des accords économiques et financiers avec les Américains, leur cédant les gisements miniers les plus précieux du Katanga. Parallèlement, il conclut des accords politiques qui donnaient au Rwanda et à l’Ouganda une part significative du territoire national en récompense de leur soutien militaire. Dans une naïveté presque enfantine, Kabila ne réalisait pas qu’il s’engageait dans une situation sans issue. Il tombait dans un piège dont les conséquences se refermeraient, tôt ou tard, sur lui et son peuple.

Avec le recul, il apparaît clairement que Kabila n’avait pas mesuré l’ampleur du piège dans lequel il s’engageait. Il ne percevait pas que ses choix le rendaient complice d’un système qui allait, à terme, se retourner contre lui.

Lorsqu’il commença à entrevoir les conséquences de ses actes et à comprendre qu’il était devenu le dindon de la farce, il tenta de se ressaisir et de faire marche arrière. Mais il était trop tard pour revenir sur ses engagements, trop tard pour échapper à la toile dans laquelle il s’était empêtré.

Kabila chercha alors à se débarrasser des chaînes qu’on lui avait imposées, rejetant le rôle de marionnette et cherchant à retrouver son identité de nationaliste, cet idéal qu’il avait défendu dans les années 1960. Mais dans sa quête de souveraineté, il oublia les promesses qu’il avait faites en octobre 1996, à Lemera, où il avait cédé une grande partie de l’est du pays – incluant les régions de Goma, Bukavu, Kisangani, Uvira, Kalemie et Fizi – en échange de 250 millions de dollars, payés comptant.

L’ancien rebelle katangais, qui autrefois avait été gendarme, ne souhaitait plus vivre sous tutelle. Il rêvait d’une nation libre et souveraine, mais le prix de ce rêve avait déjà été payé, et les conséquences étaient désormais inévitables.

Jean Pierre du Pont